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La 3D, outil du chirurgien


La 3D n'est pas l'apanage du cinéma ou de la télévision. En médecine, elle permet aujourd'hui d'améliorer très concrètement le geste du chirurgien. A l'avenir, notre dossier médical pourrait ressembler à un fichier numérique, comprenant le clone en 3D de notre corps et de nos organes.

Reportage publié par la rédaction de nouvo.ch, émission de la TSR, le 19 juillet 2010

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Reportage: Zian Marro
Montage: Karim Trabelsi
Mixage: Philippe Lahaye

La 3D révolutionne la médecine

 

 

Aux Hôpitaux Universitaire de Genève (HUG), le Professeur Morel s’apprête à opérer son patient. Le chirurgien sait déjà ce qu’il va trouver, mais surtout où aller le chercher. Sur l’abdomen du patient est projetée une représentation exacte de ses organes internes. P_Morel«Voici le pancréas, qui est l’organe que l’on va opérer», indique Philippe Morel, médecin-chef du service de chirurgie viscérale aux HUG, en pointant son index sur le thorax du malade.

Lors de l'intervention, l'image projetée permet au chirurgien de s'orienter à l'intérieur du corps du patient, lors d'une opération par laparoscopie par exemple.

Cette image, copie exacte des organes du patient, est obtenue grâce aux coupes d'un scanner traditionnel. Le logiciel Osirix recrée toute la zone abdominale du patient en 3D, à partir des images en noir et blanc et en deux dimension du scanner. «Je peux voir les rapports exacts d'une tumeur avec les organes de voisinage, s'enthousiasme le médecin, je peux travailler sur l'organe, le voir sous différents angles. J'ai donc un geste chirurgical plus précis, plus dirigé, plus sûr et aussi plus rapide.»

F_VolonteLa révolution réside non seulement dans l’image, mais surtout dans le fait que le chirurgien lui-même peut générer ces reproductions 3D. «Avec un peu d’entrainement, le chirurgien peut, avant le bloc, préparer ces images et amener en salle ce dont il a besoin pour effectuer son intervention», explique le Dr Francesco Volonté, passionné d’imagerie médicale et chef de clinique au service de chirurgie viscérale des HUG.

 

Le logiciel Osirix, qui permet cette prouesse technique est un produit cent pour cent genevois. Développé par le Dr Antoine Rosset et le Pr Osman Ratib, il est aujourd’hui distribué en open source et donc gratuitement partout dans le monde. O_Ratib«Dans la communauté médicale, on pense qu'il existe aujourd’hui 50 à 60 mille utilisateurs réguliers de ce logiciel», se réjouit Osman Ratib, chef du département imagerie des HUG.

 

Aujourd’hui la 3D est en train de révolutionner la médecine. Dans la recherche, elle a pris un place prépondérante. «Ce sont certainement les application médicales qui ont le plus d’avenir dans la 3D, note Nadia Magnenat-Thalmann, directrice du laboratoire Miralab de l’Université de Genève, et il y a tant à faire que toute le XXIème siècle sera occupé à cela !»

Demain, peut-être, aurons-nous tous notre clone médical. Gain de temps et de précision pour le chirurgien, traumatisme diminué chez le patient, la 3D est bien plus que l’avenir de l’imagerie médicale, elle participe d'ores et déjà à son développement.

 

Extrait du reportage de Zian Marro du 19 juillet, Nouvo.ch, TSR 2010

 

Mise à jour le mercredi 21 juillet 2010, Dr F. Volonté, Chef de Clinique HUG

 

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